LES PETITS MONDES D'ARINANIE

LES PETITS MONDES D'ARINANIE

Ce talentueux Monsieur Keats

Tout ce qui est de nature "surnaturellement féerique" à sa place dans cette rubrique "elficologique". C'est pourquoi je m'empresse de vous faire part de mon engouement pour un poète romantique ayant vécu dans l'Angleterre que nous décrit Dickens : John Keats. Je vous laisse découvrir la nature de ce personnage "dont le nom était écrit sur l'eau" :





voici un extrait d'un poème qui m'a particulièrement ému : "la belle dame sans merci". Non sans émotion, j'ai extrait du film cette trop courte traduction. C'est un poème qui est non sans rappeler la fameuse histoire de Thomas of Ercildoun (Thomas le rimeur) dont j'avais laissé un lien vers l'oeuvre original...

Ah, what can ail thee, wretched wight,
Alone and palely loitering;
The sedge is wither'd from the lake
And no birds sing.
Quel mal t'accables chevalier ?
Pris de pâleur est seul errant
Les joncs du lac sont dessechés,
Et des oiseaux nul chant (...)


I met a lady in the meads
Full beautiful, a faery's child;
Her hair was long, her foot was light,
And her eyes were wild.
(...)M'est apparue dans la prairie
Une belle dame, enfant des fées.
Les cheveux longs, l'allure ailée.
Des yeux sauvages.

I set her on my pacing steed,
And nothing else saw all day long;
For sideways would she lean, and sing
    A faery's song.
Sur mon cheval qui marchait noble,
Je l'ai assise et admiré,
Lorsque penchée, elle chantait un chant de fée (...)

   
She found me roots of relish sweet,
    And honey wild, and manna dew;
And sure in language strange she said,
    I love thee true.
(...)Si douce racine elle m'offrit
Rosée de Manes,  et miel des bois
Et sur, en langue étrange dit : je t'aime vrai

She took me to her elfin grot,
    And there she gaz'd and sighed deep,
And there I shut her wild sad eyes--
    So kiss'd to sleep.
And there we slumber'd on the moss,
    And there I dream'd, ah woe betide,
The latest dream I ever dream'd
    On the cold hill side
M'entrainant dans sa grotte d'elfe,
Elle a pleuré et soupiré
et j'ai fermé ses yeux sauvages de quatre baisers,
Et me bercant, elle m'endormit.
Et j'ai rêvé
Malheur à moi ! Le dernier rêve que je fis
Sur la colline dans le froid.


Voici une traduction plus fidèle de ce célèbre poème :

"J'ai rencontré une dame dans les prés,
Très belle, la fille d'une fée ;
Ses cheveux étaient longs, ses pieds légers,
Et ses yeux sauvages.

Je fis une guirlande pour sa tête,
Et des bracelets, et une ceinture parfumée.
Elle me regardait comme si elle m'aimait
Et poussait une douce plainte.

Je l'assis sur mon coursier paisible
Et ne vis rien d'autre tout le jour ;
Car elle se penchait de côté et chantait
Une chanson de fée.

Elle trouva pour moi des racines d'un goût exquis,
Du miel sauvage et une rosée douce comme la manne ;
Et sûrement en un langage étrange elle me dit :
-Je t'aime de fidèle amour.

Elle m'entraîna dans sa grotte d'elfe
Là, me contemplant, elle poussa un profond soupir,
Là, je fermai ses yeux égarés et tristes
Et l'embrassai pour l'endormir.

Là, nous sommeillâmas sur la mousse
Et là je rêvai, hélas! hélas!
Le dernier rêve que j'ai jamais rêvé
sur le flanc de la froide colline.

Je vis des rois pâles et des princes aussi,
De pâles guerriers ; tous étaient pâles comme la mort,
et criaient : -La Belle Dame sans merci
Te tient en servage.

Je vis dans les ténèbres leurs lèvres affamées
Grandes ouvertes pour faire peur et m'avertir ;
Et je m'éveillai et me trouvai ici
Sur le flanc de la froide colline.

Et voilà pourquoi je demeure ici,
Errant, solitaire et pâle,
Bien que les joncs soient flétris au bord du lac
Et que nul oiseau ne chante."

Je me suis laissé également emporté par plusieurs scènes de ce fantastique film de Jane Campion (la leçon de piano) dont celle-ci





24/05/2010
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